L’extraordinaire réussite de l’entreprise Thonet
L'histoire débute en 1819, lorsque Michael Thonet, maître menuisier, crée son premier atelier d’ébénisterie à Boppard sur le Rhin. Depuis, le nom Thonet est synonyme de meubles empreints de qualité, d’élégance et d’innovation. Le succès est venu avec la célèbre chaise n° 14, plus connue sous l’appellation de « chaise bistrot » et qui sera la première à pouvoir être produite industriellement grâce à la nouvelle technologie de courbage du bois de hêtre massif. Plus tard, dans les années 1930, les meubles en acier tubulaire dessinés par des architectes renommés du Bauhaus tels que Mart Stam, Ludwig Mies van der Rohe et Marcel Breuer, ont constitué la deuxième référence marquante de l’histoire du design. À cette époque, Thonet était le premier producteur mondial de meubles en acier tubulaire, aujourd’hui considérés comme classiques intemporels du design.
La chaise bistrot
Lorsqu’on entend le terme « chaise bistrot », à quoi pense-t-on généralement ? Probablement à des barreaux en bois foncé et un cannage clair. En effet, c’est aussi grâce à ce contraste réussi que la chaise 214, ou chaise bistrot, est devenue une icône si reconnaissable, un classique parmi les meubles Thonet. Même si cette chaise se décline également avec une assise capitonnée ou en bois moulé et dans des teintes claires voire colorées, c’est surtout le mariage entre la couleur foncée de la structure en bois et le ton naturel du cannage qui la rend incomparable.
Bois de hêtre tourné et cannage en rotin
Tandis que le bois de hêtre utilisé par Thonet pour la fabrication des éléments en bois courbé, provient de forêts européennes gérées de manière durable, le matériau employé pour les assises, quant à lui, vient de loin. Le cannage est réalisé avec des lanières de rotin naturel, ou rotang. Cette plante grimpante pousse dans les forêts tropicales d’Asie du Sud-Est et forme de longues tiges qui s’attachent aux arbres comme des lianes. D’ailleurs, Michael Thonet, le fondateur de Thonet, utilisait déjà ce matériau pour le cannage. Parmi les chaises lamellées-collées fabriquées par Thonet à Boppard sur le Rhin depuis la fin des années 1830, on trouve, outre des exemplaires capitonnés, également des modèles cannés en rotin. Pour les chaises en bois courbé fabriquées industriellement à partir des années 1850, Thonet a privilégié le cannage. Également appelé « cannage viennois », ce procédé revenait moins cher que l’utilisation de cuir ou le capitonnage et il était plus facile à remplacer en cas de dommages.
Stabilité et élasticité du rotin
À l’époque comme aujourd’hui, la matière première pour le cannage est importée d’Asie du Sud-Est, principalement d’Indonésie. On ne sait pas exactement quand le rotin a fait son apparition en Europe, soit à la fin du XVIe, soit au début du XVIIe siècle. À l’époque, les Européens commençaient à coloniser cette région. Ce qui est sûr, c’est que la technique du tissage octogonal, telle qu’elle est encore utilisée aujourd’hui par Thonet pour ses chaises, est originaire des pays asiatiques. En Angleterre, une mode du cannage s’est véritablement développée à partir de la moitié du XVIIe siècle. Les chaises en rotin étaient si populaires à l’époque qu’elles ont détrôné les meubles capitonnés. En Allemagne, les premiers meubles avec du cannage sont apparus vers 1700. Quand Michael Thonet a créé son premier atelier à Boppard sur-le-Rhin en 1819, les assises cannées étaient revenues à la mode. Il lui paraissait donc évident d’utiliser lui aussi cet élément typique de l’époque Biedermeier. En effet, le cannage allie deux qualités précieuses pour une assise : la stabilité et l’élasticité. Ce matériau naturel est robuste tout en restant souple, offrant ainsi un doux confort qui se passe de coussin. Particulièrement important aujourd’hui : le cannage est également considéré comme un procédé éco-responsable, car le palmier dont provient le rotin dépend de la biodiversité. Cette plante ne peut pousser qu’en symbiose avec les arbres qui l’entourent. C’est pourquoi l’exploitation du rotin contribue à préserver les forêts tropicales. De plus, les palmiers à rotin repoussent vite après la récolte et absorbent plus de CO2 que les arbres.
Montage de l'assise en rotin - © Thonet
Cannage industriel monté à la main
Pour obtenir les fils qui seront ensuite tissés, les tiges de rotin sont débarrassées de leur écorce qui est ensuite découpée en lanières. Ces lanières sont ensuite collées les unes aux autres pour former un fil continu. Chez Thonet, les chaises et les fauteuils étaient autrefois tous cannés à la main. C’est pourquoi, des trous étaient percés dans les cadres des assises pour y faire passer les fils. Aujourd’hui, Thonet utilise pour ses meubles des lés déjà cannés de manière industrielle, qui sont insérés au marteau dans la rainure en pourtour du cadre de l’assise, puis fixés à la colle à bois. Cependant, le lé préfabriqué étant composé uniquement de fils verticaux et horizontaux, les fils qui se croisent en diagonale sont aujourd’hui encore ajoutés à la main. Avant d’utiliser les lés, on les fait tremper brièvement dans l’eau pour les assouplir. Au séchage, le rotin se rétracte, offrant la rigidité souhaitée. Thonet complète l’assise par un anneau en aubier, le cœur du rotin. L’aubier est posé sur le cannage, collé dans la rainure qu’il referme. Étant constitués du même matériau, l’aubier et le cannage confèrent à l’assise une homogénéité esthétique. Cette technique est également économe en ressources, car elle utilise plusieurs parties de la même plante.
Un service réparation
Pour obtenir les fils qui seront ensuite tissés, les tiges de rotin sont débarrassées de leur écorce qui est ensuite découpée en lanières. Ces lanières sont ensuite collées les unes aux autres pour former un fil continu. Chez Thonet, les chaises et les fauteuils étaient autrefois tous cannés à la main. C’est pourquoi, des trous étaient percés dans les cadres des assises pour y faire passer les fils. Aujourd’hui, Thonet utilise pour ses meubles des lés déjà cannés de manière industrielle, qui sont insérés au marteau dans la rainure en pourtour du cadre de l’assise, puis fixés à la colle à bois. Cependant, le lé préfabriqué étant composé uniquement de fils verticaux et horizontaux, les fils qui se croisent en diagonale sont aujourd’hui encore ajoutés à la main. Avant d’utiliser les lés, on les fait tremper brièvement dans l’eau pour les assouplir. Au séchage, le rotin se rétracte, offrant la rigidité souhaitée. Thonet complète l’assise par un anneau en aubier, le cœur du rotin. L’aubier est posé sur le cannage, collé dans la rainure qu’il referme. Étant constitués du même matériau, l’aubier et le cannage confèrent à l’assise une homogénéité esthétique. Cette technique est également économe en ressources, car elle utilise plusieurs parties de la même plante.
Une collection élargie
Soucieuse de perpétuer la tradition familiale et son attachement à un artisanat de qualité, l’entreprise élargit également en permanence sa collection de nouveautés en collaboration avec des designers de renommée nationale et internationale. Certains meubles sont également dessinés en interne par le Thonet Design Team. L’entreprise, dont le siège social et le site de production sont situés à Frankenberg/Eder en Allemagne, est dirigée par le président directeur général Brian Boyd, conjointement avec Norbert Ruf, directeur de création. La cinquième et sixième génération des descendants de Michael Thonet continuent à participer aux activités de la société dans leurs rôles d'associés, responsables des ventes et ambassadeurs de la marque.
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