Les chaudières: quand faut-il les remplacer?

Dans un chauffage central (système dit à "boucle d'eau"), un liquide (de l"eau et des additifs) transporte des calories (autrement dit de la chaleur) vert des radiateurs ou un plancher chauffant. Les chaudières diffèrent sensiblement selon l’énergie utilisée (gaz, fioul ou électricité). Le remplacement de la chaudière doit intervenir en fonction de son usure et du changement d'énergie utilisée.

Sur pied ou murale

Pendant longtemps, une chaudière de chauffage central digne de ce nom était forcément sur pieds et trônait dans une chaufferie, à la cave ou au sous-sol. Les chaudières murales n’étaient, le plus souvent, que de gros chauffe-eau. La conception des modèles actuels fait une large place aux chaudières murales, adaptées aussi bien aux maisons individuelles qu'aux appartements. Elles représentent plus de 60 % des matériels installés chaque année dans un pays comme la France.

Quand elles sont au gaz, elles sont évidemment très adaptées aux appartements. On les trouve généralement dans la cuisine ou dans la salle de bains. La possibilité d'associer certains modèles à une évacuation par ventouse (sans besoin d'un conduit de fumée) a considérablement favorisé leur installation. Ces modèles en circuit fermé peuvent même être installés dans un simple placard. Les systèmes d’aération et d’évacuation des gaz doivent être conformes aux normes imposées par le distributeur (certificat de conformité). Les chaudières à condensation à très haute performance énergétique (THPE) sont actuellement les plus performantes, puisque leur rendement (PCI) dépasse nettement 90 % (jusqu'à 98 %).  

Quelle énergie?

  • Le fioul a eu son heure de gloire. Il a supplanté le charbon dans les années 1960. Il connaît à son tour un déclin lié à la fois au renchérissement de son prix et à son caractère polluant. Le biofioul tarde à se diffuser.
  • Le gaz a connu une forte expansion dans les années 1990, sous la forme du gaz naturel dans les agglomérations dotées d'un réseau d'alimentation diversifiée et sous forme du gaz propane à la campagne. Bien que moins polluant que le fioul, le gaz naturel pâti d'être une énergie fossile, mais la production de gaz issu de la biomasse (par méthanisation soit à l'ordre du jour) donc non renouvelable, dont la stabilité du prix n'est pas garantie et, même, a de fortes chances de progresser du fait de l'épuisement des ressources. L'avenir du gaz est lié aux efforts faits par les fabricants pour développer des matériels de grande qualité (condensation) à très hautes performances énergétiques.
  • Les solutions mixtes ou hybrides permettent d'envisager le maintien, voire le développement de solutions associant une chaudière à gaz et une pompe à chaleur, l'utilisation de celle-ci étant prioritaire lorsque la température est positive, la chaudière gaz prenant le relais lorsque la température descend en dessous de 7° C. On assiste au développement de chaudières hybrides "monobloc" intégrant les deux émetteurs de chaleur. Une association avec des panneaux solaires est également possible mais constitue une solution plus compliquée, donc plus onéreuse.
  • Le bois constitue l'alternative la plus écologique au fioul ou au gaz, même si la qualité de la combustion doit aboutir à une émission minimale de particules fines. Sous forme de granules (ou granulés, ou pellets) il permet une gestion fine de celles-ci ainsi qu'une automatisation de fonctionnement proche de celle du fioul. Le bois bûche suppose, pour l'alimentation d'une chaudière, une automatisation d'alimentation plus compliquée. Les chaudières polycombustibles, émergentes dans les années 1980 ne se sont pas imposées. Plusieurs combinaisons sont possibles : bois et fioul ; bois et gaz ; bois ou tous combustibles. 
  • L'électricité n'apparaît pas comme une solution d'approvisionnement des chaudières très intéressante et ne se justifie que lorsque toutes les autres solutions ont été envisagées et écartées. Les chaudières électriques sont murales ou reposent au sol. On peut les placer dans n’importe quel local. Pour le raccordement, il est nécessaire d’utiliser des conducteurs du diamètre important préconisé par le fabricant. Elles supposent une forte puissance d'alimentation qui se traduit par un surcoût au niveau de l'abonnement.

Quand faut-il remplacer une chaudière ?

Une chaudière de grande marque, régulièrement entretenue, peut fonctionner 15 ans sans problèmes majeurs. Mais ses performances ne sont certainement plus ce qu’elles étaient, et il arrive un moment où, même si elle fonctionne correctement, il faut envisager de la changer. Il faut savoir, en effet, qu’une chaudière ancienne présente un rendement de l’ordre de 65 %, alors que les matériels actuels approchent les 100 %  s’agissant de chaudières à gaz à condensation. C’est une perte financière importante pour l’utilisateur, mais c’est aussi une source non négligeable de pollution atmosphérique, des quantités exorbitantes de combustible étant brûlés en toute inutilité.

D’autres critères doivent être pris en compte pour envisager le remplacement d’une chaudière. On considère aujourd’hui que celle-ci est obsolète si elle-même ou le réseau de distribution du liquide caloporteur ne sont n’est pas calorifugés (d’où d’importantes pertes par rayonnement ou convection à travers l’appareil et le réseau dans les parties non-chauffées de la maison), si elle n’a pas été entretenue (en dépit de la réglementation) depuis plusieurs années (si elle ne peut plus être couverte par un contrat d’entretien), si elle n’est pas associée à un thermostat d’ambiance, à une régulation centralisée et à une horloge de programmation permettant d’en réduire le fonctionnement pendant la nuit. 

Profiter des aides à la conversion pour les chaudières

Depuis les années 1980, différentes politiques gouvernementales incitent au remplacement des chaudières les moins vertueuses. Ces aides prennent la forme d'aides directes (MaPrimeRénov'), de réduction du taux de la TVA, des aides des collectivités locales et de primes issues des Certificats d'Économie d'Énergie (C2E), voire de "coups de pouce" occasionnels du Gouvernement et de campagnes promotionnelles des filières professionnelles. Ces aides, notamment gouvernementales, varient en fonction de la conjoncture budgétaire de l'État.

Mise à jour le 8 décembre 2026

 

 

 


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Peut-on remplacer une chaudière par une pompe à chaleur ?

La pompe à chaleur est aujourd'hui l'une des solutions les plus économiques et écologiques pour remplacer une vieille chaudière. Le coefficient de performance de celle-ci (COP) permet de transformer 1kW de consommation électrique en 3 à 4 kW de chaleur. Certaines pompes à chaleur réversibles permettent d'apporter un rafraîchissement en été. Jean-Pascal Chirat, ancien vice-président de l'AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), Délégué général du Club de l’Amélioration de l’Habitat, répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction. 

image

Pompe à chaleur et chaudière gaz : le mix énergétique gagnant

Alors que la France doit définir sa nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE 3), Coénove, association qui rassemble les acteurs majeurs de l'efficacité énergétique dans le bâtiment, publie une étude indépendante réalisée par la société Artelys qui challenge les conclusions du Bilan prévisionnel 2023 de RTE sur la décarbonation du chauffage des bâtiments à horizon 2030. Un scénario équilibré – combinant chaudières performantes, pompes à chaleur (PAC), solutions hybrides et montée en puissance des gaz renouvelables – permet de décarboner davantage qu’un scénario d’électrification à outrance, tout en coûtant moins cher à la collectivité et en améliorant la flexibilité énergétique et la sécurité d’approvisionnement du pays.

image

Le chauffage central par pompe à chaleur (PAC) c'est quoi?

La pompe à chaleur est un système qui puise les calories contenues dans l'air extérieur et les restitue à l'air intérieur par différents moyens. Le plus agréable et l'un des plus efficaces est le chauffage central, via un liquide caloporteur et des radiateurs. On parle alors de PAC air-eau. 

Notre sélection

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

image

Bien régler son thermostat

Faire des économies d'énergie commence bien entendu par le fait de bien isoler son logement, mais aussi en apprenant à régler correctement le thermostat du ou des appareils de chauffage.

image

Isolation des parois : la fin des ossatures?

L'innovation réside dans la suppression des ossatures métalliques rendue possible par l’association d’une plaque de plâtre ultra résistante et d'accessoires de pose brevetés. Le système permet de réaliser un doublage des murs intérieurs sans ossature métallique verticale.   

Les derniers conseils maison

image

Remontées d'humidité : quelles solutions?

Les remontées d'humidité dans une maison sont un véritable fléau qui concerne beaucoup de constructions. Les causes sont multiples mais les dégâts toujours les mêmes : auréoles sur les murs, à l'intérieur du sous-sol ou de la cave, efflorescences blanchâtres et poudreuses, décollement de la peinture et des revêtements murauxau rez-de-chaussée, etc. Au-delà de tarir l'origine de l'humidité à l'extérieur, quelles sont les solutions pour y remédier?  

image

Chauffage collectif : l'individualisation des coûts

La maîtrise de la facture de chauffage est une préoccupation majeur pour les habitants des immeubles collectifs. Une solution simple et transparente a été développée par Synergie, via Kocliko, spécialiste de l’individualisation du chauffage. Chaque immeuble équipé bénéficie d’un pilotage intelligent qui permet de réduire concrètement sa consommation d’énergie, tout en assurant une répartition équitable des charges pour les habitants.

image

Prendre soin des bois extérieurs: nettoyage de printemps

Plus que jamais le bois est le matériau du XXI ème siècle. Il coche toutes les cases : naturel, esthétique, puits de carbone naturel, léger pour le travailler en structure, solide et isolant pour habiller bardages et terrasses, il s’installe partout. Une terrasse, une pergola ou un balcon en bois deviennent instantanément une « annexe » de la maison où il fait bon se reposer et se retrouver à plusieurs. Néanmoins, si le bois constitue un choix responsable en même temps qu’un produit durable et isolant au rendu immédiatement esthétique, il implique, pour conserver ses qualités uniques, la mise en place de bonnes pratiques dès la genèse d’un projet.

image

Les particularités, avantages en rénovation et en construction neuve des maisons en bois.

Bois local, matières premières régionales, savoir-faire du terrain. La   maison ossature bois   s’affirme dans les paysages de Haute-Savoie, Savoie et Pays de Gex. Les chantiers avancent vite : le bouche-à-oreille fonctionne, les mentalités changent. Construire ou rénover en bois n’est plus un pari risqué. Un matériau qui conjugue   performance énergétique , confort de vie et plaisir d’habiter autrement.

image

Rénovation des volets en bois

La remise en état régulière des volets en bois tient de la corvée. Impossible d’y échapper tous les deux ou trois ans, surtout en site exposé, par exemple au bord de la mer. C’est pourquoi beaucoup préfèrent le PVC, l’aluminium, voire la résine. Néanmoins en travaillant avec méthode, il n'est pas très difficile de rénover les volets bois.

image

Les différents types de plafonds

Dans les maisons anciennes, les plafonds sont en plâtre sur lattis (bacula). Dans les habitations modernes, ils sont le plus souvent en plaque de plâtre. Si le plancher est à structure bois, les deux types de plafond sont fixés sur les solives qui supportent le plancher de la pièce supérieure. Beaucoup de maisons ont des sols et planchers d’étage en béton : dalle auto-porteuse, mais plus souvent encore plancher en hourdis béton (ou entrevous), posés entre des poutrelles en béton précontraint, des plaques de plâtre assurant la finition du plafond.

image

Isolation coton certifiée ACERMI

Il existe un isolant biosourcé et durable, en laine de coton, produit par la marque française Buitex, dénommé COTONWOOL. Il est issu des chutes de tissus neufs de l’industrie textile et assure une isolation performante rendant la maison confortable tout en limitant son impact environnemental. Les panneaux isolants bénéficient d'un Avis Technique du CSTB et une certification ACERMI.